Projet conjoint co-financé par l’Institut national de santé publique du Québec. Chercheurs: L De Guire MD, S Provencher MD, F Labrèche PhD, Institut national de la santé publique du Québec, JL Malo MD, Hôpital Sacré-Cœur de Montréal. Collaborateurs: M Labrecque MD, C Lemière MD, A Cartier MD, Hôpital Sacré-Cœur de Montréal; D Boucher MD, CSST. Partenaire stratégique: J Turcot PhD, CSST. Étudiant MD inscrit à la maîtrise et faisant une demande de bourse: David Miedinger. Justification et buts de l’étude: Plusieurs projets de médecins sentinelles ont évalué la fréquence de l’asthme professionnel (AP). Au Québec, le projet PROPULSE a été mené en 1992-1993 (1). De 161 médecins (92 pneumologues et 18 allergologues) contactés, 68% avaient effectué une déclaration volontaire de maladies professionnelles pulmonaires (MPP), incluant l’AP. Environ 16% des médecins ont déclaré 60% des cas, ce qui montre que certains médecins voient plus de cas ou les rapportent plus fidèlement. Le nombre de cas déclarés d’AP était le double de celui des cas acceptés comme MPP par les comités de la CSST au cours d’une année. Ceci laisse croire que le diagnostic d’AP est surévalué dans ce type de projet. Par ailleurs, les données d’indemnisation sous-estiment la fréquence des maladies professionnelles (2). Plusieurs facteurs peuvent influencer la déclaration. Par exemple, il peut être plus difficile de prédire la probabilité du diagnostic dans le cas d’agents de faible poids moléculaire qui causent moins de symptômes associés de rhinite (3). Cette étude veut: 1) identifier un réseau restreint de médecins sentinelles susceptibles de rapporter le maximum de cas; 2) évaluer le devenir des cas en comparant la liste des personnes « déclarées par le système sentinelle » avec les cas acceptés et refusés à la CSST, 3) connaître la raison de l’absence de réclamation (diagnostic d’asthme non retenu, changement d’orientation professionnelle, motif psychosocial, etc.). Sujets et méthodes: Tous les pneumologues, allergologues et médecins des cliniques de médecine du travail du réseau public seront contactés afin de leur demander de participer au projet durant un an. Après trois mois de fonctionnement, ceux qui auront déclaré moins de trois cas seront contactés afin de vérifier leur intérêt à poursuivre le projet. La collecte des données se fera à travers différentes méthodes (fiche papier, ligne téléphonique dédiée, Internet), permettant aux médecins de choisir la méthode la plus appropriée à leur contexte de travail. Pour chaque cas susceptible de présenter de l’AP, les informations suivantes seront rapportées: nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, date de naissance, sexe, NAM, substance(s) responsable(s), probabilité d’AP sur une échelle de 1 à 3, type de travail. Tous les cas seront contactés six mois après avoir été déclarés pour répondre à un court questionnaire portant sur les éléments suivants: réclamation à la CSST, raison de l’absence de réclamation (si tel est le cas), situation actuelle de travail, impact financier de cette maladie, histoire professionnelle. Douze mois après la fin de la collecte des données, la liste des personnes sera envoyée à la CSST afin de savoir si elles ont fait une réclamation et si elle a été acceptée. Ce projet sera présenté à un comité d’éthique de la recherche. Analyse des résultats: Proportion de médecins sentinelles parmi ceux ciblés; proportion des cas qui font une réclamation à la CSST et de ceux dont le diagnostic est accepté, selon le type d’agents professionnels (haut ou bas poids moléculaire); description des raisons expliquant l’absence de réclamation. Signification et retombées: Cette étude permettra : 1) d’identifier la capacité de constituer un réseau de médecins sentinelles qui pourra fournir des données plus complètes sur l’incidence de l’AP au Québec et 2) d’obtenir des informations permettant d’expliquer les disparités entre le nombre de cas perçus comme porteur d’AP par les médecins et le nombre de cas acceptés par les comités des MPP. Justification budgétaire: Le montant demandé couvrira les honoraires professionnels d’un assistant de recherche à demi-temps durant un an. Références : 1. Provencher S et al. Occup Env Med 1997; 54:272; 2.Goldsmith DF. Occup Med. State Art Rev. 1998;13:389; 3. Vandenplas O et al. Eur Respir J 2005; 26:1056.